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Cela fait plusieurs années que les entreprises françaises se sont engagées dans la voie du SaaS. Si le chantier est encore en cours, d’importants retards sont néanmoins à craindre dans les travaux… En témoigne le fossé qui sépare les résultats des années 2015 et 2016 dans le baromètre de la Transformation numérique réalisé par Club Décision DSI, IT Research et le JDN. A la question de savoir s’ils envisagent de basculer vers un SI majoritairement composé d’applications SaaS à moyen terme, 47% des 438 DSI interrogés en 2015 répondent par l’affirmative. En 2016, seuls 21% des décideurs informatiques consultés confirment cette tendance.

Comment expliquer une chute aussi brutale en l’espace de quelques mois? Un système informatique 100% SaaS: futur proche ou simple utopie?

Les premiers pas prometteurs du SaaS

Le SaaS s’est rapidement démocratisé au sein des sociétés et a pu susciter de nombreux espoirs à ses débuts. Toujours dans ce même baromètre 2016, on apprend que 89% des entreprises interrogées utilisent à ce jour au moins une application en SaaS, et 100% comptent à l’avenir privilégier ce mode de distribution pour leur transformation numérique. De fait, les messageries, calendriers ou encore les stockages et partages de fichiers sont désormais souvent gérés en SaaS.

Les outils collaboratifs type ERP et CRM se font également une place au soleil. Le format SaaS de ces solutions prêtes à l’emploi séduit de plus en plus d’entreprises, quelque soit leur taille. Rien d’étonnant lorsque l’on sait que le déploiement d’un logiciel sur site dure en moyenne un an, contre seulement 3 semaines à deux mois pour des solutions en SaaS.

Ce n’est donc pas le concept du SaaS en lui même qui dérange, mais l’idée de son hégémonie sur l’ensemble des organes informatiques.

Le 100 % SaaS : une route escarpée

Passée l’adoption des premières applications, la progression vers le tout SaaS pour une entreprise est loin d’être un long fleuve tranquille.  Les nouvelles applications SaaS se superposent presque toujours à des services numériques vétustes et rigides. A moins de faire table rase du passé et de restaurer l’ensemble du système informatique, on se retrouve souvent avec des systèmes informatiques mutants et discordants.

Le bon sens voudrait donc que les entreprises valorisent des systèmes informatiques plus harmonieux et évolutifs, ce que semble promettre le tout SaaS. Hélas, peu de sociétés estiment avoir le temps, l’énergie, ou même le budget pour repenser et faire basculer tout leur écosystème numérique. Ce type de projets est souvent repoussé, et l’expérience montre que c’est en s’obstinant sur un chemin qui s’appelle plus tard, que l’on arrive sur une place qui s’appelle jamais.

Comment triompher de cette course d’obstacles ?

Pour convaincre les entreprises de redonner sa chance au SaaS, les éditeurs vont devoir faire prévaloir les avantages des solutions full web pour motiver les projets de déploiement.

Pour cela, il faudra cibler des critères essentiels aux yeux des décideurs informatiques. Par exemple, le baromètre de la Transformation numérique 2016 place le prix et la richesse fonctionnelle (50% et 47%) en haut des préoccupations citées. Le service est également un critère déterminant, et des équipes de consultants et ingénieurs seront particulièrement efficaces pour intervenir à distance sur des systèmes informatiques 100% SaaS, soulageant les entreprises de bien des tâches des maintenance chronophages et coûteuses. Et de fait, s’il est un argument à valoriser aux yeux des entreprises, c’est le gain de temps et d’argent sur le long terme. Des sommes considérables partent dans l’entretien et la mise à niveau de logiciels caduques, et si l’on dresse la comparaison avec le coût de lancement d’un nouveau système, l’investissement se révèle nettement plus avantageux. A noter que par dessus tout c’est bien le critère de sécurité qui pèse le plus dans le choix d’une application (53%).

Des garde-fous pour sécuriser les données

L’implantation de systèmes en SaaS implique une externalisation des données de l’entreprise, ce qui peut représenter une réelle source d’inquiétudes pour des entreprises possédant des informations sensibles ou confidentielles. Cela explique pourquoi certaines se montrent frileuses voire réticentes à l’idée d’une transition vers le 100% SaaS. Le secteur des fournisseurs de solutions informatiques est une cible de prédilection pour les hackers, or, de nombreuses applications développées aujourd’hui dans le Cloud ne sont pas suffisamment sécurisées à leur entrée sur le marché et peuvent potentiellement être piratées à distance.

La protection est indéniablement un enjeu majeur dans la transition vers le SaaS, pour parer non seulement les risques de vol de données par des hackers, mais également éviter toute perte de données. Les éditeurs sont de plus en plus nombreux à miser sur ce critère de sécurité et mettre en place les mesures nécessaires pour blinder la sécurité afin de rassurer les entreprises: sécurisation de la connexion (identifiants individuels, attribution de mots de passes sécurisés et sophistiqués, accès limités en fonction des statuts), optimisation de la traçabilité des données (sauvegardes régulières, historiques des actions…), audits réguliers pour vérifier que les applications sont aux normes de sécurité…

L’idée d’un système informatique 100% SaaS est encore synonyme de complexité et d’insécurité pour beaucoup d’entreprises, d’où sa progression quelque peu laborieuse. Mais Rome ne s’est pas faite en un jour et les éditeurs ont  encore plusieurs cordes à leurs arcs pour inspirer confiance aux entreprises et défendre le rêve d’un SI 100% SaaS.

Sources: http://www.journaldunet.com/solutions/cloud-computing/1173467-systeme-d-information-100-saas-les-dsi-pas-tous-d-accord/