La révolution numérique aura raison du Manager du XIXème siècle


e-Management 2.0, le kit de survie de la TPE / PMELa pression économique exercée par les soubresauts conjoncturels de l’économie mondiale contraint les petites structures – TPE et PME – à faire preuve d’ingéniosité pour faire face aux soudaines diminutions de leurs ressources financières.

Contrairement aux grosses structures qui peuvent se refaire une santé en sacrifiant sur l’autel de la productivité des charrettes de cadres trop bien rémunérés aux yeux de leurs investisseurs – ceux-là même qui ont précipité l’économie dans le chaos ! – les petites entreprises ne peuvent se séparer de leurs équipes sans risquer de disparaître. Il faut donc faire le dos rond en attendant cette sortie crise annoncée chaque année pour l’année suivante …

L’avènement du modèle SaaSSoftware-as-a-Service – pour la distribution de logiciels via internet, modèle locatif ajusté à l’utilisation et permettant d’acquérir des solutions sophistiquées sans investissement initial, donne des idées ! Car le modèle SaaS ne pourrait-il pas s’énoncer aussi Structure-as-a-Service ? Autrement dit, tout coût de Structure – par définition non productif – ne pourrait-il pas être variabilisé comme le sont les coûts de l’outil informatique ?

Nombreuses sont les TPE et PME qui franchissent le pas aujourd’hui en variablisant tout ou partie de leurs activités backoffice telles que : Standard Téléphonique, tâches Administratives et Financières et même, pour les plus audacieux, surfaces de bureaux !

Et c’est sans doute ce dernier point le plus intéressant car au prix actuel de l’immobilier – seul placement qui ne connaisse pas la crise ! – ce poste de coûts mérite la plus grande attention. Au-delà de l’aspect valorisant d’une belle adresse – mais qui, à part les avocats et les établissements de gestion de patrimoine, attache encore de l’importance à l’adresse de ses locaux commerciaux ? – les surfaces de bureau sont avant tout une source infinie de coûts cachés pour l’entreprise.

Parmi les effets pervers causés par l’association de la crise financière et de la crise du logement, c’est que même les cadres – les soit-disant « hauts revenus » – ne parviennent plus à se loger dans les centres villes, c’est-à-dire à proximité de leur lieu de travail. Ils passent donc un temps considérable dans les transports pour rejoindre leur bureau afin de s’asseoir à la droite du patron y subir son droit de surveillance. Coût de l’opération ? Entre 1 heure et 3 heures quotidiennement perdues par les employés dans les transports. Et après avoir réglé sa quote-part de carte orange à ses employés, une TPE / PME n’ayant pas de cantine d’entreprise, elle devra aussi leur régler sa quote-part de tickets restaurant pour les remercier d’être venu goûter aux joies de la brasserie de quartier !

A l’inverse, si l’entreprise envisageait d’instaurer un régime régulier de télétravail, ne pourrait-elle pas s’offrir de généreuses économies ? Surface de bureau réduite au minimum et extensible à la demande, frais de déplacement et gains de productivité induits, frais de bouche, … etc. Cette organisation est d’autant plus facile à mettre en place que l’entreprise est petite, puisque tout le monde se connaît ! Et si on ne travaille pas en confiance dans une petite structure, c’est qu’il y a nécessairement eu une erreur de casting dans le processus de recrutement.

En passant du tout-au-bureau au tout-externalisé on renforce la capacité de résilience de l’entreprise face aux traumatismes économiques qu’elle subit. Sa capacité de réaction est immédiate !

La crise financière actuelle pourrait bien précipiter un mouvement initié lentement depuis le début des années 2000 avec l’avènement d’internet. Car tout est là ! Pour repenser l’organisation et les méthodes de travail, il faut reconsidérer l’ensemble du triptyque traditionnel : Processus – Ressources Humaines – Outils ! Car l’essor d’internet et des outils logiciels associés changent constamment la donne en termes de moyen de communication et d’interaction dynamique entre les individus où qu’ils se trouvent ! A tel point que même dans les grandes structures on ne se déplace plus de son bureau à celui de ses collègues pour échanger une information, on préfère envoyer un email ou passer un coup de téléphone sur le réseau interne ! 3 heures de transport pour venir au bureau envoyer des emails à des collègues qui ont subi le même calvaire pour les recevoir, il y a de quoi faire des tours sur son fauteuil de PDG !

La folie touche à son paroxysme quand on voit des managers se rendre au bureau pour piloter des activités qui elles, ont été off-shorisées à l’autre bout de la planète ! Là on marche carrément sur la tête. L’entreprise prend soudainement des allures de république bananière où le cadre dirigeant règne sur des sujets soumis. Cela pourrait faire sourire si ce n’était pas aussi grave. Car on ne compte plus les articles de presse ou journaux télévisés que se font l’écho du malaise de salariés qui n’ont plus assez d’une journée pour faire face à toutes les pressions du quotidien.

Alors n’est-il pas temps de lâcher un peu la bride et d’envoyer nos cadres à l’école du e-Management 2.0 pour que la révolution numérique succède enfin à des pratiques séculaires héritées de la révolution industrielle du XIXème siècle ?!

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